Les amitiés

“Un des plus grands bonheurs de cette vie, c’est l’amitié ; et l’un des bonheurs de l’amitié, c’est d’avoir à qui confier un secret.” – Alessandro Manzoni

L’amitié n’est pas une chose facile. C’est même, je pense, l’une des relations les plus complexe à comprendre.

On nous parle d’amitié depuis notre plus jeune âge. Déjà, lors de notre rentrée en maternelle, entouré par nos camarades, on commence à lier des affinités avec d’autres enfants: des « amitiés« . Mais est-ce vraiment ça la véritable amitié ? Non, je ne pense pas.

J’ai toujours été entourée par des amis. Je n’ai jamais été isolée. J’ai, depuis mon plus jeune âge, cette capacité à analyser les personnes qui m’entourent et à deviner si on pourrait s’entendre ou non, à différencier les bonnes des mauvaises fréquentations. Parce que, oui, on ne peut pas s’entendre avec tout le monde et pas toutes les relations amicales sont bonnes à prendre.

Au fil des années, j’ai compris que chacun avait son propre caractère, son propre parcours, sa propre évolution. Il y a des personnes avec qui, j’ai entretenu une véritable amitié pendant des années, et avec qui aujourd’hui, je ne suis même plus capable de tenir une conversation. Et puis à l’inverse, il y a des personnes avec qui je ne pensais clairement pas faire naître une amitié et qui sont aujourd’hui, indispensables à ma vie. Ce terme, « indispensable » peut vous paraître exagéré, mais je vous assure qu’il ne l’est pas.

J’ai la chance d’avoir une famille aimante, avec qui j’entretiens une excellente relation, très fusionnelle. Mais je vous assure que rien ne peut remplacer l’oreille attentive d’un véritable ami. Cette personne qui vous écoute, sans vous juger, qui accepte vos choix mais qui prend soin de vous, en vous donnant quelques conseils pour vous éviter de faire un trop gros mauvais choix. Cette personne qui connait tous vos secrets. C’est finalement, ce regard extérieur. Ce regard qui vous connait parfaitement mais qui ne l’assume pas comme le ferait un membre de votre famille. Car oui, la famille aura forcément un regard plus critique sur vos choix et vos actions: pour vous protéger.

Aujourd’hui, j’ai certes moins d’amis qu’il y a quelques années, mais j’ai des amitiés de qualité. Des amitiés très sincère, très fortes que rien, ni personne, ne pourra briser.

Ce qui est drôle, c’est que mes amis et moi sommes très différents. Dans mon cercle d’amis, en effet, il n’y a personne qui partage réellement les mêmes centres d’intérêts que moi, ou bien, qui a la même façon de penser que moi. Et c’est ce que je trouve incroyable. Pendant des années, j’ai cru qu’une véritable amitié se construisait autour de ressemblances, et puis finalement, aujourd’hui je pense l’inverse. Une amitié est riche, forte et sincère dans sa singularité, et dans la différence. On pourrait croire que nos terrains d’ententes sont, de ce fait, minimes. Mais c’est tout l’inverse. Il y a un véritable équilibre qui s’est créé entre nous. Nos caractères, tous différents, s’enrichissent les uns avec les autres. L’un apaise, l’un rassure, tandis que l’autre nous fait sortir de notre zone de confort, etc…

Ma vision de l’amitié n’a cessé d’évoluer au fil des années. J’avais cette vision très idéaliste durant mes années de lycéenne. Celle qui me faisait penser que je ne perdrais jamais les personnes avec qui j’étais à ce moment-là, celle qui me faisait croire, que finalement, on était indestructible. C’était à la fois très beau et très naïf de ma part d’avoir penser ça parce que, lorsqu’on quitte le lycée, tout notre univers est bouleversé. On est clairement pas préparé à ça. J’en ai souffert quelques temps parce que je tenais énormément à ce gros groupe d’amis. Et puis avec le temps, on comprend que c’était notre richesse à cet instant précis mais une richesse si fragile, qu’il était inévitable qu’elle s’éteigne un jour. Et là on comprend que finalement, la confiance, ça va, ça vient. Ça illumine notre vie et puis ça s’éteint. Jusqu’au jour où, l’étincelle est peut-être moins forte mais beaucoup plus vraie et de ce fait, tient toute une vie.

Finalement, l’amitié ressemble étrangement à l’amour. On a tendance à dire, en amour, qu’il faut rencontrer quelques crapauds avant de rencontrer son prince charmant. Et bien, je trouve que cela fonctionne aussi pour l’amitié. Les déceptions, les disputes, les peines, les séparations, tout ça nous enseigne et nous rapproche de la véritable amitié.

La solitude

« État de quelqu’un qui est seul momentanément ou habituellement : Profiter d’un instant de solitude pour réfléchir. Aimer la solitude. » – Définition Larousse.

J’aime particulièrement cette définition de la solitude car elle n’a rien de péjoratif. Alors, vous allez me dire, mais pourquoi avoir forcément un avis péjoratif ?

Déjà petite fille, j’étais quelqu’un de très autonome, qui savait jouer seule et me débrouiller sans que forcément un adulte intervienne. Avec les années, les choses n’ont pas changé. J’ai toujours su me débrouiller par moi-même et ça me convient très bien. Je ne supporterais certainement pas de devoir dépendre de quelqu’un. 

Je nourris donc ma solitude depuis toujours. Et je me sens bien avec elle. J’apprécie les moments passés avec mes amis, avec ma famille mais j’apprécie bien plus mes moments solitaires. Ils sont tous différents. Parfois, je peux passer des heures à ne rien faire, à juste me perdre dans mes pensées. Tout comme, j’apprécie ma séance de sport, avec ma propre playlist sans personne autour. 

Cette façon d’être peut poser problème notamment pour rencontrer du monde. J’ai tendance à être renfermée sur moi-même. Je ne vais pas vraiment vers les gens. Je ne me considère pas pour autant sauvage. Simplement, j’ai bien plus besoin de ma tranquillité que des autres. Là encore, j’adore ma famille et mes amis, c’est une certitude. Sans eux, je ne serai pas la personne que je suis aujourd’hui et je ne pourrai tout simplement pas vivre sans eux. Néanmoins, leur présence m’est nécessaire à faible dose… 

Je me suis souvent demandée si au fond, je n’avais pas un petit problème à régler avec moi-même. Il m’est arrivé de trouver bizarre de préférer passer un samedi soir chez moi, avec un bon bouquin, plutôt que dans un bar entourée de mes amis. De même, il m’est arrivé d’avoir honte. Pourquoi ? Parce que j’avais hâte de voir ma maison se vider, parce que j’avais hâte qu’un évènement se termine pour que je puisse me retrouver seule, dans ma bulle, chez moi. Je me répète mais tout cela ne signifie pas que je n’aime pas les personnes qui m’entourent, bien au contraire. C’est simplement un besoin que j’ai : celui de me retrouver seule avec moi-même. 

En grandissant, et surtout ces derniers mois, j’ai fini par accepter cette part de ma personnalité. J’aime ma solitude plus que tout au monde car grâce à elle, je me retrouve, je me ressource, je m’épanouie et j’apprends. C’est lorsque je suis seule que les mots jaillissent, que l’envie d’apprendre se manifeste tout comme celle de me dépasser sans cesse. 

Je ne cesserai de le dire, mais je suis une éternelle romantique. Je crois dur comme fer au grand Amour et j’espère pouvoir le vivre un jour. En revanche, s’il y a bien une chose dont je suis sûre, c’est que je ne dépendrai jamais de cette Amour. J’ai cette immense envie au fond de moi de partager ma vie, mes passions et mes rêves avec quelqu’un mais je sais pertinemment que cela ne pourra fonctionner que si la personne en face de moi accepte ma solitude, car sans elle, je ne suis pas complète. 

Finalement, ce que j’essaie de vous faire comprendre à travers ces quelques paragraphes, c’est qu’il ne faut pas avoir honte de sa solitude. Qu’il ne faut pas culpabiliser de refuser une sortie pour une soirée Netflix sur son canapé. Tout comme, il ne faut pas culpabiliser de s’éloigner de tout ce qui nous entoure, pour se retrouver un peu avec soi-même. Bien au contraire! Nous sommes aujourd’hui dans un monde ultra connecté. Ça a ces avantages mais aussi ces inconvénients. Je pense qu’on s’y perd un peu parfois. Alors être solitaire n’a rien d’un défaut, c’est une grande qualité qu’il faut savoir apprécier