Les relations toxiques

Lorsque nous sommes confrontés à une relation qui, finalement ne nous apporte plus aucune satisfaction, et dans laquelle nous n’avons plus d’intérêts communs, nous avons tendance à très facilement parler de relation toxique. Mais finalement, savons nous ce qu’est vraiment une relation toxique ? Il y a deux ans, je découvrais ce qu’était une vraie relation toxique et j’ai décidé aujourd’hui de vous partager mon histoire.

Avouer que l’on a été dans une relation toxique n’est pas chose facile. Il est d’abord très difficile de se l’avouer à soi-même et il ensuite très difficile d’admettre que certaines personnes avaient vu juste dès le début.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Des signes qui peuvent apparaître dès les premiers jours de la relation, tout comme des signes qui mettent des mois ou même des années avant de se manifester. Et pourtant, malgré ces signes, parfois à répétition, nous restons, nous résistons. Ça a été mon cas.

Si j’ai décidé de vous en parler aujourd’hui, c’est tout simplement parce que j’en suis guérie. Cette relation ne me fait plus autant souffrir qu’avant même si elle a laissé de nombreuses séquelles. Il y a deux ans de ça, j’ai eu le courage de mettre fin à cette relation qui, petit à petit me détruisait. Cependant, cette prise de conscience, je ne l’ai pas eu seule. J’ai eu la chance d’être épaulée et soutenue dans cette lourde épreuve de ma vie.

Cette relation avait très bien commencé. On se plaisait, on s’entendait très bien. Nous étions cependant très différent et ça me faisait un peu peur. Mais, à l’époque, j’avais envie de sortir de ma zone de confort, j’avais envie de me confronter à des choses nouvelles et à m’ouvrir un peu plus aux autres. Très vite, notre relation a vu le jour et très vite les premiers signes sont apparus. Possessivité, peur de l’oubli, mensonges

La première fois que j’ai été confronté à une telle action, j’ai été sous le choc. Monsieur S (se sera son nom pour l’article pour des raisons de confidentialité) m’a fait croire qu’il avait été victime d’un accident très grave et que j’étais en train de discuter par SMS avec les secouristes puisqu’il se trouvait dans le coma. Cette histoire est allée très loin, puisque je suis allée jusqu’à contacter l’hôpital en question. Et lorsqu’il s’est rendu compte, que j’étais sur le chemin pour me rendre à l’hôpital, il m’a avoué avoir fait ça, pour je cite : «  voir à quel point tu tenais à moi et pour voir ce que tu ferai pour moi ». À ce moment-là, énormément de sentiments se sont bousculés en moi. J’étais partagé entre ma colère monstrueuse et un profond soulagement. À ce moment-là, je n’étais pas amoureuse de lui mais je tenais à lui. Alors, je me suis d’abord énervée, je lui ai demandé de m’expliquer à plusieurs reprises pourquoi il m’avait fait croire une telle chose, qu’il ne fallait pas plaisanter avec ce genre de chose etc. Et puis, je me suis calmée, je l’ai écouté m’étaler toutes ses justifications, jusqu’à finalement, le pardonner une première fois.

Des histoires comme celle-ci, il y en a eu tout au long de notre relation. Des plus banales aux plus graves. Mais pour des raisons de longueur et surtout de vie privée je ne vais pas toutes vous les raconter vous vous en doutez. Simplement, lorsque ce genre de situation arrive, je peux vous assurer que vous ne vous rendez pas compte de la gravité des actes et des dires. Monsieur S était très fort pour convaincre et pour manier les mots. Il avait le profil du parfait pervers narcissique.

Qu’est-ce qu’un pervers narcissique ? Un pervers narcissique est une personne ayant une double personnalité. C’est quelqu’un de très séducteur et de charismatique. Un pervers narcissique peut vous rendre la vie infernale, et jouer le jeu du parfait boyfriend devant les autres. Cette personne va isoler sa victime pour avoir une meilleure emprise sur elle et pour, à terme, contrôler sa vie, sans même que la victime ne s’en rende compte. Enfin, le pervers narcissique est très sournois et mesquin.

Monsieur S avait activé la géolocalisation sur mon Macbook mais aussi sur mon Iphone. Je l’ai d’ailleurs surpris en pleine nuit en train d’essayer de pirater mon Iphone. Monsieur S m’envoyait sans cesse des messages. Il venait me chercher en cours, au travail. Il était tout le temps avec moi. Monsieur S ne supportait pas lorsque j’étais avec ma famille ou mes amis, sans lui. Peut-être parce qu’il se sentait en danger…

Ce qui a été le plus dur dans cette histoire, ça a été de le quitter. Comme je vous le disais plus haut, le pervers narcissique sait se faire apprécier. Ma famille était complètement sous le charme de Monsieur S. Ça m’a très vite rendu malade puisque lorsque j’essayais de me confier et lorsque je cherchais de l’aide, on ne faisait que me répéter que j’avais énormément de chance de l’avoir dans ma vie. On me répéter sans cesse à quel point il était génial et que j’étais trop compliquée, qu’il fallait que j’arrête d’être si dure avec lui. C’est très difficile d’entendre ce genre de phrases. C’est très difficile de le voir s’épanouir et jouer son rôle à la perfection devant les autres lorsqu’on vit une sorte d’enfer dans notre vie privée. C’est aussi très difficile de ne pas s’en vouloir et de ne pas remettre la faute sur nos épaules.

L’une de mes plus proches amies d’enfance avait vu très clair dans son jeu et ce, dès leur première et dernière rencontre. Au bout de quelques minutes, elle a su que ce garçon n’était pas pour moi, que ce garçon n’avait pour but que de me garder exclusivement pour lui. Elle m’a très vite partagé ses doutes et ses craintes. Bien évidement, je me suis vexée et j’ai partagé cette conversation avec Monsieur S. Comment vous dire que je lui ai donné l’occasion de me contrôler un peu plus. Il a profité de l’occasion pour créer un faussé entre cette amie et moi, en me disant que je n’avais pas besoin de ce genre de personne dans ma vie, qu’elle me pousser vers le bas au lieu de m’aider à m’épanouir. Au fil du temps, le faussé tant désirer s’est crée et petit à petit je me suis retrouvée complètement isolée. Au plus la relation avancée, au plus il m’éloignait des personnes que j’appréciais sans même que je m’en rende compte. Amis, Famille etc.

Et puis, je me suis vue changer. Mon corps ne m’appartenait plus tout comme mon esprit. J’étais devenue une personne totalement différente. J’étais tout le temps sur les nerfs, je m’énervais très facilement et je contrôlais tous mes faits et gestes pour éviter la confrontation. J’étais dévastée, je ne savais ni quoi faire ni quoi dire. Jusqu’au jour où l’oppression était bien trop grande, je suffoquais. Ma mère était là ce jour-là. J’en ai alors profité pour lui montrer. Lui montrer ces nombreux SMS à répétition qui me détruisaient, qui m’étouffaient. Je me souviens encore aujourd’hui de sa réaction. Elle était sous le choc. Elle ne reconnaissait tout simplement pas Monsieur S. Elle avait l’impression de lire et d’écouter une autre personne. Et puis, j’ai décidé d’en parler à mes plus proches amies. Ça a été la première étape de ma libération.

Partager ce qui était mon quotidien avec mes amies a été très difficile pour moi. J’avais honte. Honte de ne pas avoir agis plutôt, honte de m’être éloignée d’elles, honte de la personne que j’étais devenue. Et puis, elles ont eu les mots justes, la délicatesse qu’il fallait. Cette longue discussion m’a fait ouvrir les yeux, m’a fait prendre conscience de la gravité de la situation. Ça a été l’un des premiers moments où je me détendais vraiment.

Bien évidemment, la rupture n’a pas était si simple. Quelques jours après, j’ai prétexté un cours à la fac pour pouvoir partir avant lui, le matin. J’avais alors préparé toutes mes affaires. J’ai mis le réveil très tôt le matin, pour être sûre qu’il ne se lève pas. J’ai fermé la porte de l’appartement derrière moi et je me suis enfuie. Ce n’est qu’après avoir roulé trente bonnes minutes qui je me suis permise de souffler et de pleurer. J’avais cette boule au ventre depuis tant de temps que lorsqu’elle a enfin explosé, c’était un vrai feux d’artifices de larmes et de cris. Je me sentais si libre, si légère!

Mais l’enfer a continué un mois supplémentaire. Monsieur S n’acceptais pas la rupture. Il me suivait, me harcelait, il harcelait mes proches et mes amis. Il faisait tout son possible pour avoir le maximum d’informations sur moi. Je ne voulais pas mêler ma famille à cette histoire. Les mêler était pour moi une sorte de faiblesse et je ne voulais pas qu’ils souffrent eux aussi. Malheureusement, les choses se sont passées autrement. Mes proches ont dû intervenir pour qu’il me laisse enfin tranquille.

J’ai par la suite repris le cours de ma vie, petit à petit. Ce n’était pas facile mais j’étais très bien entourée. J’ai longtemps pensé que cette histoire avait été le pire épisode de ma vie mais finalement c’est aussi le meilleur. Cette relation m’a fait grandir. J’ai évolué sur énormément de points et j’ai aussi appris beaucoup. Alors aujourd’hui, je ne peux pas dire que je regrette cette rencontre ainsi que cette relation parce que finalement sans cette rencontre avec Monsieur S, je ne serai pas la personne que je suis aujourd’hui.

Encore une fois, pour des raisons de longueur, je vais m’arrêter là. Mais, je vous donne rendez-vous très vite, si le sujet vous intéresse, pour la deuxième partie de cet article qui concernera ma reconstruction personnelle.

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